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Interpellés par les faits divers sanglants, quelques cynophiles se sont penchés sur le phénomène des chiens dangereux
et notamment du Pitbull. Les résultats de ces recherches révèleraient qu’en réalité un attrape-nigaud à but commercial
et lucratif aurait été mis au point par le milieu médiatique !
Depuis plusieurs mois déjà, quelques cynophiles sont
à la recherche d’informations susceptibles de pouvoir prouver que le milieu médiatique a trouver un excellent filon
pour récolter de l’argent. En effet, tout le monde sait que les sujets à sensations se vendent bien mieux que le reste
des reportages parlant des potins du coin.
Plusieurs détails attirent l’attention des cynophiles dans tous ces
articles sanglants : « Nous n’avons jamais vu de chien attaquer sans raison, explique Laurent, dresseur pour la gendarmerie.
Il existe des chiens qui deviennent fous, tout comme les hommes mais cela est rare et aucune race n’est prédisposée
à être plus touchée qu’une autre ».
Statistiques troublantes
Un fait surprenant sont les chiffres rapportés
par les statistiques. Une étude dans le canton de Neuchâtel a démontré que le Labrador est responsable du 9,1% des morsures
totales déclarées, alors que le Rottweiler, très souvent décrié par les médias, ne compte à son actif que le 5,1% des morsures
totales. Or, pourquoi n’entendons-nous jamais parler des morsures commises par les Labradors alors qu’elles sont
plus fréquentes ? Pire encore, le Pitbull et l’Amstaff ne figurent même pas dans le top 10 des chiens mordeurs !
Une ampleur démesurée
Lorsqu’un molosse attaque une dame
à l’autre bout de l’Europe, nos très chers journaux régionaux s’empressent de relater les faits (mais jamais
les causes). Mais étrangement, lorsqu’un Bouvier Bernois (1er en tête du classement des chiens les plus mordeurs dans
le canton de Neuchâtel avec 19,3% des morsures déclarées) mord un cycliste Neuchâtelois, personne n’en a vent. Avouez
que c’est tout de même bizarre... En plus de ça, les journalistes ont la fâcheuse tendance à qualifier de molosse tous
les chiens de plus de 30cm au garrot. En effet, dans un article du mois de février 2004 d’un quotidien très réputé de
Suisse, on pouvait lire le gros titre suivant : « Molosses dangereux : une nouvelle agression relance le débat ». Après lecture
de l’article, il s’est avéré que le chien en question n’était absolument pas un molosse mais un berger !
Le journaliste s’est justifié en disant que pour les non-initiés un molosse n’est rien d’autre qu’un
gros chien.
Influence ou conditionnement ?
Récemment, une émission française
à fait couler beaucoup d’encre. Le sujet du reportage était les chiens dangereux où l’on montrait successivement
des images à sensation : gros plans de mâchoires, images teintées de rouge, tout était réuni pour donner la chair de poule,
pour effrayer. Et ça a marché ! Le lendemain de l’émission, combien de gens en parlent au boulot, à la maison, entre
amis ? Combien d’entre eux évoquent la dangerosité, l’animosité et la fureur des pitbulls et autres molosses ?
L’émission a réussi son coup ; l’audimat a décollé (c’était prévisible avec un titre accrocheur comme «
Attention chiens méchants ») et les gens sont maintenant tous convaincus de la véracité des propos du speaker tant les images
et commentaires ont été choisis avec soin. Il ne s’agit plus d’influence mais bel et bien de conditionnement.
Conditionnement exercé par la télévision et les journaux qui se plaisent à entretenir une peur panique chez la population.
Tant que les gens auront peur, ils continueront de vouloir « s’informer » en regardant les reportages et en achetant
les journaux.
Un effet de mode
Rappelez-vous donc
du Doberman aux oreilles taillées en pointes et aux couleurs sombres. Il y a quelques années c’était le chien à la mode.
On le voyait un peu partout, spécialement dans les films où l’on avait besoin de vilains chiens pour une scène (cf.
le film « Beethoven » !). Le Dob faisait peur. Pourtant, depuis un certain temps, plus moyen de trouver des articles de morsures
le concernant sur Internet. Plus d’article relatant ses morsures, plus de jeunes qui se baladent avec un Dob... La mode
est passée... Maintenant c’est le Rott et le Pit qui font la une. Il semblerait que ce soient les seuls molosses à causer
des morsures puisque la majorité des gens n’ont jamais entendu parler des autres races molossoïdes telles que l’
« Am’staff » (qui est une copie presque conforme du Pitbull), le Dogue Argentin, le Cane Corso et autant d’autres
qui restent dans l’ombre. Enfin, l’on ne va tout de même pas demander à un journaliste de connaître la diversité
des races du 2ème groupe (hein ? c’est quoi ça ?). Après tout, aucune importance s’il s’agit d’un
Beauceron ou d’un Rottweiler, du moment que c’est noir et feu ! Pareil avec le Pit, quelle importance si en réalité
le chien mordeur est un Amstaff croisé avec un labrador ? On classifie de Pit ou de Rott, ça fait vendre et c’est le
but !
En bref
C’est bien connu, l’argent
fait tourner les ménages et le monde. Lorsque quelqu’un trouve un bon filon, pourquoi ne pas vouloir l’exploiter
au mieux ? Les chiens dits « dangereux » représentent une jolie mine d’or qui malheureusement semble rapporter de plus
en plus. Il est pourtant plus qu’évident que ces chiens ne sont pas plus dangereux que d’autres si l’on
se réfère aux statistiques et aux propos des vétérinaires et comportementalistes (qui sont tout de même plus aptes à porter
jugement que les journalistes).
Les molosses ne sont pas des monstres. Si c’était le cas pensez à ce qui se passerait
en exposition, quand 100 rottweiler, 80 am’staff et 90 dogues argentins se retrouvent ensemble ! Il n’y aurait
plus de survivants ! Et pourtant ces expositions sont pratiquement exemptes d’accidents de morsures. Il est possible
de vivre en harmonie avec tous les animaux si nous prenons le temps de les observer un peu et surtout si nous décidons d’ouvrir
les yeux.

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